Le Dhamma de la Forêt


SUGGESTIONS DE PRATIQUE AU QUOTIDIEN



Il y a deux champs essentiels de pratique : la méditation formelle et la vie quotidienne.


1. La méditation formelle

Quelle que soit notre pratique actuelle, nous pouvons toujours l’intensifier.


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2. La vie quotidienne

Nous avons peut-être déjà des points de repère qui servent de rappel de l’attention au quotidien. Dans ce cas, nous pouvons en ajouter de nouveaux pour que le flux de l’attention devienne aussi continu que possible. Si ce n’est pas encore le cas, c’est le moment de nous lancer dans cette pratique indispensable.

Quelques suggestions :



En éveillant l’attention progressivement ainsi, de nombreuses autres occasions d’observation se manifestent d’elles-mêmes. Nous pouvons nous amuser à les développer. Nous y trouverons de plus en plus de joie.


3. Mettā : en méditation et au quotidien

Mettā est une pratique que le Bouddha a enseignée à ses disciples. Elle nous apprend à ouvrir le cœur à tout et à tous, sans discrimination, sans jugements. Aboutie, cette pratique permet de lâcher toutes les résistances, aux personnes comme aux situations. C’est une source de grande force émotionnelle et spirituelle. Elle apporte ainsi le bonheur à celui qui la pratique comme à ceux qui l’entourent.

Mettā se pratique en méditation assise, en marchant, et dans la vie de tous les jours. Différentes « techniques » ont fleuri au fil des temps. Bhante Henepola Gunaratana a une formulation un peu longue mais qui englobe tout :

Puissions-nous être bien portants, heureux et en paix.
Qu’il ne nous arrive aucun mal, que nous avancions avec succès sur la voie spirituelle.
Puissions-nous également avoir la patience, le courage, la compréhension et la détermination
Pour affronter et surmonter les inévitables difficultés, problèmes et échecs de la vie.
Puissions-nous toujours nous élever au-dessus d’eux avec moralité, intégrité, pardon, compassion, attention et sagesse.

Voici un lien vers une méditation guidée basée sur ses enseignements :

http://dhammadelaforet.org/sommaire/audio/gunaratana/audio.html



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La Parole Juste selon le Bouddha

  1. Dire des choses qui ne sont pas vraies, pas correctes, pas salutaires et qui, de plus, sont fâcheuses et désagréables aux autres — un être noble ne le fait pas.

  2. Dire des choses qui sont vraies et correctes mais qui ne sont pas salutaires et qui, de plus, sont fâcheuses et désagréables aux autres — un être noble ne le fait pas.

  3. Dire des choses qui sont vraies, correctes et salutaires mais qui sont aussi fâcheuses et désagréables aux autres — un être noble connaît le moment approprié pour dire de telles choses.

  4. Dire des choses qui ne sont pas vraies, pas correctes, pas salutaires mais qui font plaisir et sont agréables aux autres — un être noble ne le fait pas.

  5. Dire des choses qui sont vraies et correctes mais pas salutaires et qui font plaisir et sont agréables aux autres — un être noble ne le fait pas.

  6. Dire des choses qui sont vraies, correctes et salutaires et qui font plaisir et sont agréables aux autres — un être noble connaît le moment approprié pour dire de telles choses.

Pourquoi cela ? Parce qu’un être noble a de la compassion pour tous les êtres vivants.



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La Méditation Mettā 

Extrait du livre Dipa Ma, Présence et rayonnement d’une femme bouddhiste, éditions Sully.

(Ce qui suit est une combinaison des instructions enregistrées de Dipa Ma et des souvenirs de Michelle Levey qui, pendant plus de vingt ans, a pratiqué la méditation mettā qu’elle a apprise de Dipa Ma.)

On peut choisir de dédier une session complète de méditation à la pratique de la bienveillance pour tous les êtres ou bien commencer ou finir la session avec mettā. Avec la pratique, les cinq étapes distinctes peuvent être combinées en une seule session mais, au début, mieux vaut se concentrer sur une seule à la fois.

Première étape

Cette première étape a pour but de développer la bienveillance envers soi-même, d’être comme un excellent ami pour soi. Pour commencer, nous nous souhaitons d’être bien, heureux et en paix. Nous pouvons utiliser les paroles et les images qui suivent pour nous aider à générer des sentiments de bienveillance et à les diriger vers nous.

Puissé-je être libre de toute inimitié,
Puissé-je être libre du danger,
Puissé-je être libre de la souffrance mentale,
Puissé-je vivre le corps sain et l’esprit heureux.

Le mot « inimitié » se réfère aussi bien à la malveillance de personnes extérieures qu’au fait d’être négatif envers soi-même. Les « ennemis » peuvent se trouver parmi les sentiments qui nous agitent, depuis le léger agacement jusqu’à la violence de la haine et de l’aversion envers nous-mêmes ou les autres.

Tout en répétant ces phrases en silence, nous devons visualiser en esprit une image de nous qui soit stable et claire. Si cela nous est difficile, nous pouvons essayer de nous rappeler notre reflet dans le miroir ou vraiment nous regarder dans un miroir ou encore regarder une photo récente de nous jusqu’à ce que nous puissions nous voir clairement les yeux fermés.

Nous répétons les phrases dans l’ordre. Si l’esprit s’évade et nous oublions où nous en sommes, nous recommençons depuis le début : « Que je sois libre de toute inimitié ». Le fait de ramener sans cesse l’esprit à ces phrases nous permettra d’approfondir notre concentration.

Il est important de plonger dans le sens et le ressenti des mots. Les mots sont notre fil conducteur, ils nous maintiennent bien ancrés dans la pratique mais c’est le sentiment de bien-être que nous devons ressentir dans le cœur et dans l’esprit, en même temps que notre image mentale. Nous continuons à nous répéter ces phrases en silence aussi longtemps que la situation le permet.

Quand nous pratiquons profondément ainsi, quand nous sentons que nous nous souhaitons vraiment d’être bien et heureux, quand nous maintenons notre image stable et claire en nous, nous pouvons passer, si nous le souhaitons, à l’étape suivante qui consiste à rayonner de la bienveillance envers un ami cher.

Deuxième étape

En utilisant les mêmes phrases que précédemment, nous dirigeons le rayon de la bienveillance vers un ami ou un enseignant qui a été bon pour nous. Comme nous l’avons fait pour nous-mêmes, nous maintenons l’image de cette personne claire et stable dans notre esprit et nous envoyons de la bienveillance dans sa direction.

Puisses-tu être libre de toute inimitié,
Puisses-tu être libre du danger,
Puisses-tu être libre de la souffrance mentale,
Puisses-tu vivre le corps sain et l’esprit heureux.

Quand nous avons le sentiment d’aimer notre ami autant que nous-mêmes ou quand nous voyons que nous pouvons garder l’image de cette personne très clairement et fermement dans notre esprit tout en répétant les phrases, nous pouvons, si nous le voulons, passer à l’étape suivante.

Troisième étape

La catégorie suivante d’êtres à qui offrir de la bienveillance est appelée « ceux qui souffrent » et représente toutes les personnes ou groupes de personnes en situation difficile. Alors que, précédemment, nous maintenions une image très claire et précise sur laquelle nous concentrions notre attention, nous allons maintenant élargir le champ de vision intérieure pour qu’il englobe un plus grand nombre d’êtres. Nous commençons par évoquer en esprit tout un groupe de personnes qui souffrent. Nous leur offrons notre bienveillance de la même manière que précédemment.

Puissiez-vous être libres de toute inimitié,
Puissiez-vous être libres du danger,
Puissiez-vous être libres de la souffrance mentale,
Puissiez-vous vivre le corps sain et l’esprit heureux.

Si des images d’autres groupes de personnes qui souffrent apparaissent spontanément, comme des personnes dans les hôpitaux ou dans un pays en guerre, nous pouvons aussi diriger notre bienveillance vers eux. Nous méditons de manière dynamique en suivant le flux des images qui se présentent. Nous continuons à réciter les phrases et, peu à peu, nous nous concentrons de plus en plus sur le sentiment de bienveillance derrière les paroles.

À partir d’un réel et profond sentiment de bienveillance envers nous-mêmes, nous voyons que tel est le fondement et le combustible qui permet d’aimer les autres. En ayant de l’empathie envers nous-mêmes, nous en avons pour nos amis. Et puis nous en avons pour tous ceux qui souffrent comme nous en avons pour nos amis et pour nous-mêmes. En continuant la pratique, nous constatons que, pour nous, tous les êtres finissent par se fondre en un seul et même groupe.

Quatrième étape

À la quatrième étape, la bienveillance se mêle à l’équanimité. La pratique consiste à avoir en esprit un sentiment vaste qui inclut tous les êtres vivants et à rayonner de la bienveillance pour tous, sans discrimination : amis, personnes en souffrance, personnes envers lesquelles on a des sentiments neutres, personnes avec lesquelles on a des difficultés – tous les êtres, en tous lieux.

Que tous les êtres soient libres de toute inimitié,
Que tous les êtres soient libres du danger,
Que tous les êtres soient libres de la souffrance mentale,
Que tous les êtres vivent le corps sain et l’esprit heureux.

Pour pouvoir pratiquer ainsi, nous laissons notre esprit lui-même devenir bienveillance. Pour cela, nous nous contentons d’être présents au ressenti de bienveillance. Les mots et les phrases que nous avons utilisés jusque-là ont seulement servi à nous aiguiller vers ce ressenti. Nous laissons notre esprit devenir bienveillance et nous nous détendons avec équanimité dans ce sentiment, sans choisir de le rayonner ici ou là.

Cinquième étape

Le couronnement de la méditation mettā consiste à combiner toutes les étapes et à se concentrer un moment sur chacune au cours d’une même session. Pratiquée ainsi, la méditation devient comme une symphonie de bienveillance qui commence avec nous-mêmes et puis s’ouvre, s’ouvre, s’ouvre jusqu’à ce que, finalement, nous nous posions dans l’équanimité.



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Qu’est-ce que l’effort juste ?

Le Bouddha a expliqué très clairement que l’effort juste consiste à éveiller l’énergie nécessaire (viriya) et la persévérance indispensable pour :

1. Ne pas céder à ce qui est néfaste et qui ne s’est pas encore manifesté en nous.
2. Abandonner ce qui est néfaste et qui s’est déjà manifesté en nous.
3. Éveiller ce qui est bénéfique et qui ne s’est pas encore manifesté en nous.
4. Maintenir et développer au maximum ce qui est bénéfique et qui s’est déjà manifesté en nous.